Arrêtez-moi, de Lisa Gardner

arretez-moi[1]

Première incursion sous la plume de Lisa Gardner et dans l’univers de D.D. Warren. Un roman qui pourrait faire un bon épisode de « Esprits Criminels », car la construction et le genre d’intrigue en sont proches.

Je ressors mitigée de ma lecture. J’ai passé un bon moment grâce à l’originalité de l’intrigue (enquêter sur un meurtre qui n’a pas encore eu lieu) et les petites touches mystérieuses, mais elle me sort déjà de la tête alors que je ne l’ai finie qu’il y a deux semaines. Ce que j’en retiens, c’est surtout le sentiment de malaise qui prédomine dans les thèmes abordés et l’agencement du contexte, un peu trop invraisemblable à mon goût.

L’intrigue est solide, mais le suspense n’est pas insoutenable. L’histoire tire un peu en longueur à cause de ressorts scénaristiques répétitifs. De plus, le coupable est rapidement identifiable. Reste que le sujet est d’actualité et fait froid dans le dos.

Les personnages sont bien construits et variés. L’enquêtrice D.D. Warren doit jongler entre son travail, son fils et ses parents, et j’apprécie la modernité de cette femme capable de tenir tous les rôles. Heureusement, elle peut compter sur un mari parfait et une équipe de choc pour tenir le coup.

Charlene et Jesse sont attachants, et leurs familles d’une complexité effarante. Elles suscitent une sorte de fascination qui met mal à l’aise car ces familles ne se rendent pas compte des conditions décalées dans lesquelles elles vivent. On comprend en les cotoyant que les monstres de la société actuelle ne sont pas que les criminels, ils peuvent aussi être des mères en apparence biens sous tous rapports mais en réalité mentalement instables. On comprend également que la maltraitance peut revêtir des aspects qui ne laissent pas forcèment des traces physiques.

Le lien entre le coupable et Charlene se devine très vite, même si je n’avais pas senti tout de suite sous quelle identité il se cachait.

Un roman agréable et dont on tourne les pages facilement, malgré quelques longueurs arrivé aux deux tiers du volume. Un policier actuel qui traite de plusieurs aspects de la relation enfants-parents et plus largement enfants-adultes, et qui soulève des questions dérangeantes sur des sujets importants. Plus intéressant à lire pour ces thèmes-là que pour l’enquête en elle-même.

Pirates, de Michael Crichton

9782221115152La chronique de ces aventures à caractère hollywoodien va comporter quelques révélations si vous n’avez pas encore lu ce roman.

Entre la sortie de « Pirates des Caraïbes 5 » et l’étuve des derniers jours, j’avais envie de lire une histoire de pirates des temps jadis. Le moment était idéal pour simuler un voyage à la Jamaïque par ces températures tropicales. Mon choix s’est portée sans hésitation sur le roman de Michael Crichton, certaine de n’être déçue ni par le scénario, ni par les personnages.

Avec ce roman, on est servis en matière d’aventures ! Batailles navales, galions chargés d’or, attaques de kraken, ouragans destructeurs, île perdue habitée par des anthropophages, trahisons et vengeances,… on est gâtés ! Même si on y trouve moins de situations rocambolesques que dans « Pirates des Caraïbes », le kraken pointe tout de même deux fois le bout de ses tentacules.

Le roman est dépourvu de suspense. Les péripéties sont légion et s’enchaînent sans temps morts. C’est simple, on ne se demande pas qui va mourir, car on devine sans peine quels personnages vont trépasser, mais plutôt quand chacun va succomber au malheur. Pourtant, cela ne m’a dérangée à la lecture, sauf pour le petit côté gore peu ragoutant. L’épilogue, d’ailleurs, règle leur compte à ceux qui ont survécu.

J’ai trouvé ce roman d’une longueur idéale. L’intrigue ne présente aucune surprise, avec son lot de trahisons et d’intrigues téléphonées, mais se laisse lire avec beaucoup de plaisir. Ce n’est d’ailleurs pas une lecture difficile. Ma plus grande crainte était de me retrouver submergée (c’est le cas de le dire…) par des termes techniques de marins. Or, ce n’est pas du tout le cas. Bien sûr, le vocabulaire de la navigation et des bateaux est présent, mais il s’intègre au récit sans laisser le non-initié sur la touche.

J’ai apprécié que le livre soit plus poussé du côté du divertissement que de la chronique historique. Je ne l’aurais clairement pas aimé autrement car il aurait sûrement été plus long, plus lourd, plus sérieux et plus bavard. Or, j’avais simplement envie d’une alternative tout aussi rocambolesque et réjouissante à « Pirates des Caraïbes ». À ne pas lire donc si on recherche la vérité historique.

Les lieux sonnent avec familiarité. Port Royal, Tortuga,… tous ces lieux de perdition suintent la même dépravation que les films nous ont montré.

Quant aux personnages hauts en couleur, qui sont de divertissants archétypes, difficile de ne pas tracer quelques parallèles avec les équipages de « Pirates des Caraïbes ». Même si le capitaine Hunter est dépourvu de la folie d’un inénarrable Jack Sparrow, il n’en reste pas moins charismatique, mais Sanson lui vole facilement la vedette.

Ce roman constitue une bonne alternative à « Pirates des Caraïbes ». Avec un peu moins de fantasy mais tout aussi divertissante, cette histoire m’a entraînée avec plaisir dans son sillage. Il se lit facilement, rapidement et avec plaisir, même si la fin m’a un brin frustrée. Une frustration de la taille d’une pièce en moins dans un coffre rempli d’or.