long week-end, de Joyce Maynard

LongWeekend.jpg

Ce huis-clos qui n’a rien d’oppressant est un petit coup de cœur, une petite pépite qui m’a permis de découvrir une auteure que j’aurais désormais plaisir à suivre. Joyce Maynard nous offre une superbe leçon sur la famille et l’amour, servie par une écriture subtile qui confère aux personnages une certaine élégance. Ce qui passe au départ pour une prise d’otages chargée de sentiments malsains se révèle être une belle histoire d’amour avec un grand A.

La seule caractéristique de ce roman à laquelle je n’ai pas accrochée, c’est les dialogues. Comme un s’agit d’un récit rapporté, les dialogues sont également au discours rapporté, et donc écrits sans les tirets traditionnels. C’est assez perturbant de commencer à lire une phrase comme on lirait du récit pour ensuite se rendre compte que c’est un dialogue. Mis à part ce défaut qui n’en est pas vraiment un, le style d’écriture se fond parfaitement dans les personnages.

Ce roman a beau être un drame, il ne s’en dégage pas moins un sentiment de bien-être. En le lisant, je me sentais apaisée. C’est grâce à la plume de Joyce Maynard. Son style d’écriture est empreint d’une tendresse et d’une délicatesse qui rejaillissent sur ses personnages. À mesure que je lisais, je me disais que ces protagonistes avaient le droit au bonheur malgré leurs erreurs. Ce sont des personnages cabossés par la vie et à qui on ne souhaite que le meilleur. Pour cela, j’ai adoré la fin, qui offre une conclusion satisfaisante à cette histoire qui conjugue à merveille douceur et amertume. Un voile pudique se pose sur cette fin, alors que la sexualité était clairement abordée tout au long du roman.

Celui-ci allie plusieurs genres. À la fois drame romantique, suspense éthéré et récit initiatique. L’auteure réussit le tour de force de prendre le contre-pied du mélodrame tout en acceptant ses codes pour nous offrir une belle histoire d’amours et d’apprentissages. Chaque personnage porte un fardeau et l’on assiste ici à leur cheminement vers le pardon plus que vers la rédemption. Au final, c’est l’amour qui parvient à combler les fêlures.

Le passé de chaque personnage apporte une réelle profondeur au récit. Difficile de ne pas être touché par leurs histoires personnelles et de ne pas les aimer après les avoir apprises. Il est étonnant que le plus de douceur vienne de Frank, ce prisonnier évadé ; mais pas tant que cela en fait une fois parvenu à l’excellente scène de la tarte aux pêches. Tous ces personnages suscitent une grande compassion chez le lecteur.

Henry nous raconte l’histoire derrière le fait divers. Le fait divers, on le découvre à travers les articles de journaux, la voix des journalistes télévisés et les interviews des témoins qui n’ont rien vu. Car au fond, ce sont toujours ceux qui en savent le moins qui en parlent le plus, non ? L’histoire, la vraie, c’est Henry qui nous la raconte après dix-huit ans de silence. Et on l’en remercie.

Après avoir lu le roman, j’ai découvert qu’il existait une adaptation cinématographique. J’ai eu les larmes aux yeux en regardant la bande annonce et plusieurs extraits… J’adorerais regarder ce film et prendre une nouvelle leçon d’émotions et de bonheurs.

Publicités

Les rescapés du cœur, de Nicholas SPARKS

rescapés

Je ne suis pas friande de romances, loin de là, mais celle-ci est un petit joyau joliment ciselé. Je ne connaissais pas cet auteur, mais là, je suis conquise sans tergiverser !

Je vais utiliser pas mal de guillemets dans cette chronique car beaucoup de mots que j’ai employés ne rendent pas justice à la beauté de cette histoire, et mon vocabulaire limité ne lui rend pas hommage.

Cette romance se déroule de manière prévisible, et pourtant elle dispose de gros atouts originaux.

La rencontre du futur couple, sur fond d’accident de la route et de disparition d’enfant, vient s’ajouter au passé et au second « travail » de Taylor (pompier volontaire) et à ceux de Denise (éduquer son fils « en retard ») pour bâtir une intrigue qui se laisse dévorer sans peine. À ceux-là vient s’ajouter le « handicap » de Kyle, le fils de Denise, qui tire le contexte de l’histoire vers un réalisme bienvenu.

Les personnages sont modernes et beaux, non au sens physique mais dans leurs personnalités. Le courage, l’altruisme, l’abnégation sont leurs principales qualités et valeurs. Chacun d’eux cache aussi des failles que l’auteur nous fait découvrir au moment juste pour mieux les combler petit à petit avec les bons sentiments.

Nicholas Sparks est parvenu à construire des personnages attachants et émouvants que l’on a plaisir à suivre dans cette « aventure » et auxquels on se surprend de souhaiter tout le bonheur du monde. En refermant le livre, je me suis dit que je les laissais derrière moi sans regret, aussi heureux qu’ils le méritent. Impossible de ne pas aimer TOUS les personnages de ce roman.

La plume de l’auteur est commune mais d’une grande sensibilité et tout en fluidité, très agréable à lire. Il parvient à s’effacer pour laisser toute la place à ses personnages et à leur histoire. Aucune fausse note n’est à relever.

Je vous mets au défi de ne pas pleurer pendant le dernier quart du livre. Ce roman n’est pas une bluette à l’eau de rose, c’est davantage un nuage d’émotions au cœur de l’hiver et elle saura vous réchauffer le cœur.

Shadow Magic (tome 1), de Joshua Khan

Pour la quatrième fois cette année, je tiens à remercier Babelio pour m’avoir permis de participer à sa Masse Critique. Quels titres ! Ma liste était plus longue que d’habitude, et dans celle-ci se cachait un futur petit coup de cœur. Merci aux éditions Seuil !

Ce premier tome de la saga est une petite perle noire et brillante. Sous sa superbe couverture douce comme de la peau de pêche, ce roman n’évite pas les clichés et le déjà-vu, mais il offre une belle originalité : de la fantasy jeunesse qui prend le contre-pied de nos habitudes de lecture. En effet, ici, les ténèbres ne représentent pas le Mal, les êtres de la Lumière ne sont pas tous purs et bienveillants, entre autres.

L’ambiance de ce roman médiévo-fantastico-fantasy en fait sa plus grande force. Des petites touches d’humour et de terreur, voire même lugubres par moments, viennent relever le tout. Pas de quoi faire peur aux enfants, je pense, ils frissonneront avec plaisir plutôt.

Le style d’écriture est simple et efficace, il apporte les informations essentielles pour bien suivre le récit et appréhender les décors et les personnages. L’auteur va droit au but tout en prenant le temps de poser son intrigue. Toutefois, l’intrigue recèle quelques révélations difficiles à prévoir et qui apportent beaucoup de suspense.

Intrigues politiques, secrets bien gardés, magies élémentaires, créatures infernales et personnages mystérieux bâtissent une dimension solide à cette histoire qui ne prend pas les enfants pour des idiots. S’ils en ont marre des contes de fées, nul doute que ce roman saura leur plaire et les surprendre.

L’action est teintée de suspense. Les événements plus calmes entre les faits importants permettent d’en apprendre plus sur la personnalité et le passé des personnages. Tout se dévoile tour à tour sans temps morts. Un mystère, un morceau de décor, un pan de personnalité… il y a toujours quelque chose à découvrir dans ce roman.

Le duo formé par Ronce et Lilith fonctionne à merveille. Quant aux personnages secondaires, comme Gabriel ou Kleef, oncle Pan ou Mary, ils possèdent chacun une personnalité bien distincte et des motivations propres qui ajoutent à la qualité du roman.

Je me suis beaucoup amusée à reconnaître dans les noms des références mythologiques ou étymologiques.

Même si beaucoup d’événements et de scènes sont prévisibles, l’auteur réussit à nous surprendre.

La résolution de l’intrigue est inattendue. Là où beaucoup de premiers tomes prennent trop de temps à démarrer, n’offrent pas de véritable intrigue et ne servent qu’à introduire les personnages, celui-ci se compose d’une véritable histoire et de personnages bien bâtis. On peut d’ailleurs se contenter de ce tome, qui a bien une fin, sans nécessairement lire les suivants.

Ce roman est comme une forêt noire : sombre, crémeux, délicieux, riche, frais, festif,… À offrir les yeux fermés aux jeunes amateurs de fantasy pendant Halloween !

Arrêtez-moi, de Lisa Gardner

arretez-moi[1]

Première incursion sous la plume de Lisa Gardner et dans l’univers de D.D. Warren. Un roman qui pourrait faire un bon épisode de « Esprits Criminels », car la construction et le genre d’intrigue en sont proches.

Je ressors mitigée de ma lecture. J’ai passé un bon moment grâce à l’originalité de l’intrigue (enquêter sur un meurtre qui n’a pas encore eu lieu) et les petites touches mystérieuses, mais elle me sort déjà de la tête alors que je ne l’ai finie qu’il y a deux semaines. Ce que j’en retiens, c’est surtout le sentiment de malaise qui prédomine dans les thèmes abordés et l’agencement du contexte, un peu trop invraisemblable à mon goût.

L’intrigue est solide, mais le suspense n’est pas insoutenable. L’histoire tire un peu en longueur à cause de ressorts scénaristiques répétitifs. De plus, le coupable est rapidement identifiable. Reste que le sujet est d’actualité et fait froid dans le dos.

Les personnages sont bien construits et variés. L’enquêtrice D.D. Warren doit jongler entre son travail, son fils et ses parents, et j’apprécie la modernité de cette femme capable de tenir tous les rôles. Heureusement, elle peut compter sur un mari parfait et une équipe de choc pour tenir le coup.

Charlene et Jesse sont attachants, et leurs familles d’une complexité effarante. Elles suscitent une sorte de fascination qui met mal à l’aise car ces familles ne se rendent pas compte des conditions décalées dans lesquelles elles vivent. On comprend en les cotoyant que les monstres de la société actuelle ne sont pas que les criminels, ils peuvent aussi être des mères en apparence biens sous tous rapports mais en réalité mentalement instables. On comprend également que la maltraitance peut revêtir des aspects qui ne laissent pas forcèment des traces physiques.

Le lien entre le coupable et Charlene se devine très vite, même si je n’avais pas senti tout de suite sous quelle identité il se cachait.

Un roman agréable et dont on tourne les pages facilement, malgré quelques longueurs arrivé aux deux tiers du volume. Un policier actuel qui traite de plusieurs aspects de la relation enfants-parents et plus largement enfants-adultes, et qui soulève des questions dérangeantes sur des sujets importants. Plus intéressant à lire pour ces thèmes-là que pour l’enquête en elle-même.

Pirates, de Michael Crichton

9782221115152La chronique de ces aventures à caractère hollywoodien va comporter quelques révélations si vous n’avez pas encore lu ce roman.

Entre la sortie de « Pirates des Caraïbes 5 » et l’étuve des derniers jours, j’avais envie de lire une histoire de pirates des temps jadis. Le moment était idéal pour simuler un voyage à la Jamaïque par ces températures tropicales. Mon choix s’est portée sans hésitation sur le roman de Michael Crichton, certaine de n’être déçue ni par le scénario, ni par les personnages.

Avec ce roman, on est servis en matière d’aventures ! Batailles navales, galions chargés d’or, attaques de kraken, ouragans destructeurs, île perdue habitée par des anthropophages, trahisons et vengeances,… on est gâtés ! Même si on y trouve moins de situations rocambolesques que dans « Pirates des Caraïbes », le kraken pointe tout de même deux fois le bout de ses tentacules.

Le roman est dépourvu de suspense. Les péripéties sont légion et s’enchaînent sans temps morts. C’est simple, on ne se demande pas qui va mourir, car on devine sans peine quels personnages vont trépasser, mais plutôt quand chacun va succomber au malheur. Pourtant, cela ne m’a dérangée à la lecture, sauf pour le petit côté gore peu ragoutant. L’épilogue, d’ailleurs, règle leur compte à ceux qui ont survécu.

J’ai trouvé ce roman d’une longueur idéale. L’intrigue ne présente aucune surprise, avec son lot de trahisons et d’intrigues téléphonées, mais se laisse lire avec beaucoup de plaisir. Ce n’est d’ailleurs pas une lecture difficile. Ma plus grande crainte était de me retrouver submergée (c’est le cas de le dire…) par des termes techniques de marins. Or, ce n’est pas du tout le cas. Bien sûr, le vocabulaire de la navigation et des bateaux est présent, mais il s’intègre au récit sans laisser le non-initié sur la touche.

J’ai apprécié que le livre soit plus poussé du côté du divertissement que de la chronique historique. Je ne l’aurais clairement pas aimé autrement car il aurait sûrement été plus long, plus lourd, plus sérieux et plus bavard. Or, j’avais simplement envie d’une alternative tout aussi rocambolesque et réjouissante à « Pirates des Caraïbes ». À ne pas lire donc si on recherche la vérité historique.

Les lieux sonnent avec familiarité. Port Royal, Tortuga,… tous ces lieux de perdition suintent la même dépravation que les films nous ont montré.

Quant aux personnages hauts en couleur, qui sont de divertissants archétypes, difficile de ne pas tracer quelques parallèles avec les équipages de « Pirates des Caraïbes ». Même si le capitaine Hunter est dépourvu de la folie d’un inénarrable Jack Sparrow, il n’en reste pas moins charismatique, mais Sanson lui vole facilement la vedette.

Ce roman constitue une bonne alternative à « Pirates des Caraïbes ». Avec un peu moins de fantasy mais tout aussi divertissante, cette histoire m’a entraînée avec plaisir dans son sillage. Il se lit facilement, rapidement et avec plaisir, même si la fin m’a un brin frustrée. Une frustration de la taille d’une pièce en moins dans un coffre rempli d’or.