Séoul zone interdite, de Myeong-seop Jung

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Un grand merci à Babelio pour cette nouvelle découverte grâce à l’opération Masse Critique et aux éditions Decrescenzo (deuxième Masse Critique pour moi) pour nous avoir apporté un roman de genre qui sort des sentiers battus.

J’ai dévoré ce roman comme un zombie affamé et je ne vois rien à lui reprocher.

Je pense que les traducteurs ont fait un excellent travail, au sens où à aucun moment je n’ai buté sur une phrase qui aurait été mal tournée en français. Ma lecture a été d’une grande fluidité et très agréable.

La couverture donner le ton. Le résumé rappelle des œuvres bien connues comme Evil Dead ou Resident Evil.

Dès le prologue, le contexte est posé. Le point de départ du roman est un fait bien réel du contexte politique nord-coréen : 19 décembre 2011, Kim Jong-il est décédé deux jours plus tôt.

La foi religieuse est aussi l’un des thèmes du roman.

À l’horreur d’une attaque nucléaire vient s’ajouter l’horreur de voir les morts se relever. Séoul est devenue les Enfers, un territoire réservé aux morts, une zone dont l’unique point d’accès est gardé par un cerbère dans le métro délabré. Y pénétrer, c’est prendre le risque de ne jamais en ressortir. Ceux qui s’y aventurent ne sont pas des Orphée, ce sont des opportunistes venus récupérer des objets contre de l’argent et non des personnes. Car apparemment personne n’aurait pu survivre dans la zone interdite. Apparemment…

Le prologue est écrit comme un récit de fait historique, une leçon d’histoire anticipée qui fait froid dans le dos. Cette technique narrative est une très bonne idée car elle donne d’emblée un ton réaliste au récit pourtant fictif.

Le style d’écriture est jeune et dynamique, avec beaucoup de dialogues.

Les descriptions vont à l’essentiel. Celles décrivant le terrible jour de l’attaque nucléaire sont particulièrement saisissantes. On découvre une Séoul apocalyptique et cauchemardesque. Une partie de l’intrigue se déroule d’ailleurs dans un quartier où j’ai logé mais aussi dans certains lieux que j’ai visités, ce qui fait que je n’ai eu vraiment aucun mal à me les représenter.

L’histoire est bien bâtie, sans temps mort. L’action est trépidante. Le récit est construit autour des rencontres des personnages et des dialogues qui s’ensuivent, et des incursions dans la zone interdite. Les témoignages de « l’Affaire du 4 avril » apportés par les survivants qui l’ont vécue en direct sont poignants.

Les scènes se déroulant à l’intérieur de la zone interdite sont hyper tendues et stressantes. Les scènes de combat, haletantes, sont décrites avec dynamisme et sont visuelles.

Les personnages sont attachés à leur vie d’avant dont ils gardent un souvenir précis. Ce désespoir qui les pousse à recherche les preuves de leur passé heureux, pour mieux « oublier la réalité atroce », les rend terriblement beaux et pathétiques.

Hyunjun, le protagoniste, est un jeune homme paumé qui se donne des airs de je-m’en-foutiste. Son passé nous apprend pourquoi il donne l’impression d’être blasé par la situation. Le personnage dispose aussi d’un tas de répliques qui font mouche. Il dirige avec plus ou moins d’efficacité une troupe de « chasseurs de trésors » aguerris. « Chasseur de trésors », voilà un nom bien romantique pour des mercenaires devant lutter contre des zombies.

En bref, en lisant ce roman, on comprend à quel point le contexte actuel est fragile et la paix difficile à préserver. On comprend également que l’Histoire se construit à partir d’histoires. Ce n’est pas qu’un récit gore, c’est aussi une histoire touchante. Et elle comporte son lot de rebondissements. Cette lecture est indispensable pour qui aime les récits d’anticipation, la littérature horrifique, les apocalypses de zombies et la Corée du Sud.

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