Pirates, de Michael Crichton

9782221115152La chronique de ces aventures à caractère hollywoodien va comporter quelques révélations si vous n’avez pas encore lu ce roman.

Entre la sortie de « Pirates des Caraïbes 5 » et l’étuve des derniers jours, j’avais envie de lire une histoire de pirates des temps jadis. Le moment était idéal pour simuler un voyage à la Jamaïque par ces températures tropicales. Mon choix s’est portée sans hésitation sur le roman de Michael Crichton, certaine de n’être déçue ni par le scénario, ni par les personnages.

Avec ce roman, on est servis en matière d’aventures ! Batailles navales, galions chargés d’or, attaques de kraken, ouragans destructeurs, île perdue habitée par des anthropophages, trahisons et vengeances,… on est gâtés ! Même si on y trouve moins de situations rocambolesques que dans « Pirates des Caraïbes », le kraken pointe tout de même deux fois le bout de ses tentacules.

Le roman est dépourvu de suspense. Les péripéties sont légion et s’enchaînent sans temps morts. C’est simple, on ne se demande pas qui va mourir, car on devine sans peine quels personnages vont trépasser, mais plutôt quand chacun va succomber au malheur. Pourtant, cela ne m’a dérangée à la lecture, sauf pour le petit côté gore peu ragoutant. L’épilogue, d’ailleurs, règle leur compte à ceux qui ont survécu.

J’ai trouvé ce roman d’une longueur idéale. L’intrigue ne présente aucune surprise, avec son lot de trahisons et d’intrigues téléphonées, mais se laisse lire avec beaucoup de plaisir. Ce n’est d’ailleurs pas une lecture difficile. Ma plus grande crainte était de me retrouver submergée (c’est le cas de le dire…) par des termes techniques de marins. Or, ce n’est pas du tout le cas. Bien sûr, le vocabulaire de la navigation et des bateaux est présent, mais il s’intègre au récit sans laisser le non-initié sur la touche.

J’ai apprécié que le livre soit plus poussé du côté du divertissement que de la chronique historique. Je ne l’aurais clairement pas aimé autrement car il aurait sûrement été plus long, plus lourd, plus sérieux et plus bavard. Or, j’avais simplement envie d’une alternative tout aussi rocambolesque et réjouissante à « Pirates des Caraïbes ». À ne pas lire donc si on recherche la vérité historique.

Les lieux sonnent avec familiarité. Port Royal, Tortuga,… tous ces lieux de perdition suintent la même dépravation que les films nous ont montré.

Quant aux personnages hauts en couleur, qui sont de divertissants archétypes, difficile de ne pas tracer quelques parallèles avec les équipages de « Pirates des Caraïbes ». Même si le capitaine Hunter est dépourvu de la folie d’un inénarrable Jack Sparrow, il n’en reste pas moins charismatique, mais Sanson lui vole facilement la vedette.

Ce roman constitue une bonne alternative à « Pirates des Caraïbes ». Avec un peu moins de fantasy mais tout aussi divertissante, cette histoire m’a entraînée avec plaisir dans son sillage. Il se lit facilement, rapidement et avec plaisir, même si la fin m’a un brin frustrée. Une frustration de la taille d’une pièce en moins dans un coffre rempli d’or.

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Mémoire blanche, de Pierre Coran

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Tout d’abord, tous mes remerciements vont à Babelio et aux éditions M.E.O. pour m’avoir accordée l’opportunité de faire ma deuxième Masse Critique.

Première incursion dans la littérature belge (non, je ne prends pas en compte Tintin) avec cette réédition dans un format inhabituel. Ni trop grand, ni trop large, le livre est d’une taille idéale pour être bien tenu en main et assez fin pour se glisser facilement dans un sac.

La couverture est souple et les pages douces, ce qui ravira tous ceux qui ont comme moi un rapport sensuel avec les livres.

La police de caractères n’est ni trop petite, ni trop grosse, ce qui me plaît car j’aime avoir une vue globale de la page que je lis.

Les chapitres sont courts et bien aérés. Parfait pour faciliter la lecture et lire rapidement.

Pour continuer à parler de forme, d’entrée de jeu, le roman m’a fait penser à un journal intime que le personnage principal aurait écrit pour aider ses souvenirs à se remettre en ordre. Plus tard, on apprend que le roman est en fait les mémoires que le suspect a écrit en prison.

Ce premier chapitre pose le contexte du roman sans détours.

Les premières phrases sont courtes. Hachées, simples. À l’image du personnage qui n’a pas les idées claires. À mesure qu’il retrouve ses esprits, les phrases s’allongent, s’enrichissent en vocabulaire et se complexifient.

Le roman présente un point de vue intéressant : tout en subissant interrogatoires, reconstitutions et périodes d’emprisonnement, le suspect mène sa propre enquête. Un angle original pour un roman policier.

Le suspect porte d’ailleurs le même prénom que l’auteur, Pierre. Troublant…

À un peu plus de la moitié du roman, le nom du coupable tombe brutalement. Je ne m’attendais vraiment pas à ce que l’enquête soit résolue à ce moment-là de l’histoire. Ce fut pour moi déstabilisant et décevant. Je me suis demandé ce qui pouvait bien se passer pendant les quarante dernières pages qui justifie que le roman continue alors que l’affaire était bouclée.

La seconde partie du livre parle ainsi de la quête de rédemption de Pierre. J’ai tout autant apprécié la première partie du roman (le côté enquête policière menée par un suspect désœuvré) que cette seconde partie, porteuse d’espoir.

Un livre sur les dangers de l’alcoolisme et les bévues judiciaires, qui évite moralisation et pathos. Une histoire en deux parties de longueurs inégales mais qui se valent en terme de qualité et d’intérêt. De la première découle la seconde. Un roman en deux temps, comme un morceau de musique enivrant. Enivré.