Samira des Quatre-Routes, de Jeanne BENAMEUR

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Ce roman a beau avoir été écrit il y a vingt-six ans, j’ai l’impression qu’il date de cette année tellement ses thèmes restent d’actualité.

Nous suivons le rude chemin que doit parcourir Samira pour évoluer sur sa propre route sans pour autant trahir ni les siens, ni elle-même. La relation qui se noue entre elle et François, empreinte de douceur et de simplicité, est attendrissante.

Le roman aborde les thèmes de la violence, du racisme ou encore de la condition féminine opprimée dans certaines sociétés pour mieux faire ressortir les émotions positives qu’elle souhaite nous transmettre : le courage, l’espoir, le réconfort, l’importance de s’intéresser aux autres et de s’entraider. Autant de thèmes que l’on retrouve encore aujourd’hui dans nos sociétés civilisées.

C’est une très belle histoire sur la tolérance religieuse et ethnique. Un roman qui parle aussi de la famille, de l’amour que l’on se porte, d’intégration et de féminisme. Vraiment, ce livre est porteur de belles psychologies et de bonnes valeurs telles que la liberté, la loyauté, la solidarité.

D’une grande richesse et terriblement efficace malgré son petit nombre de pages, ce roman est à lire absolument quel que soit notre âge !

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Le Labyrinthe des plaisirs, de Florence Gérard

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Un grand merci aux éditions Cyplog pour m’avoir accordée leur confiance pour ce service presse.

Comme vous le savez peut-être, la romance est loin d’être mon genre de prédilection, mais j’en lis de temps à autre. Cette fois-ci, on peut dire que j’ai fait fort : c’est ma première romance contemporaine teintée d’érotisme et sur un ménage à trois (M/M/F). Et j’ai beaucoup aimé ce premier né d’un nouvelle collection de la maison d’édition.

Je ne vais pas vous mentir, ce qui m’a attirée vers ce roman, outre le résumé très accrocheur, c’est la sublime couverture qui, je le sais, a fait craquer plus d’un futur lecteur.

Bla Bla ~ moi et le genre romance (sauter le paragraphe si souhaité)

Il me faut avouer que j’ai toujours boudé le genre jusqu’à l’année dernière ; jusqu’à mon changement de plate-forme de blog et mon grand retour à la lecture. Dans mon esprit, la romance a toujours été associée à une idée reçue : des bluettes gnan-gnan entre des cruches sans saveur et des étalons ibériques. Voyez le désastre d’alors… Et puis, j’ai plongé. Un roman de gare par-ci, une new romance par-là, en passant par la dark romance et l’érotisme pour aller beaucoup plus loin. J’ai ainsi découvert que la romance n’est pas un genre uniforme et formaté. Il a de multiples facettes et peut emprunter différents chemins d’ombres avant d’atteindre la lumière. C’est l’amour, la vie, en somme. Et me voilà sur ces chemins tortueux et déjà plongée dans « Le Labyrinthe des plaisirs ».

Je vais vous expliquer pourquoi j’ai adoré ce roman d’une volupté subtile et franche, joliment ciselé comme un rubis dont la couverture arbore la couleur de la passion et de la luxure.

L’histoire est moderne, pétillante, trépidante, sensuelle, touchante,… Comment en parler sans accumuler les adjectifs positifs ? Je ne peux pas faire autrement.

Pour ne rien gâcher, une pointe d’humour vient égayer la première partie du texte. Puis l’action prend le dessus, mais je ne peux en dire davantage sans révéler quoi que ce soit. Tout ce que je veux bien dire, c’est que l’auteure m’a surprise en ajoutant une dose de suspense à sa romance érotique.

Le style d’écriture, parfaitement maîtrisé, se dévore sans encombres. Il s’en dégage de la sensualité, mais aussi une grande tendresse de la part de l’auteure.

Le personnage principal féminin a un prénom original, rond en bouche et languissant (Émael), comme l’histoire. Je me suis tout de suite attachée à cette petite souris curieuse et ouverte d’esprit. La jeune femme a par ailleurs la langue aussi affûtée que l’esprit.

Et que dire de Roman et de Khal ? Je mets au défi quiconque de faire un choix entre les deux ! Ces protagonistes masculins ont beau avoir des personnalités et des physiques opposés, chacun d’eux dispose d’atouts de charme bien à lui. Les interactions, notamment entre Émael et Roman, sont palpitantes et le trio possède des personnalités intenses.

Vous l’aurez donc compris, les personnages sont bien construits et modernes. De plus, ils disposent chacun d’un passé, et en apprendre plus sur les protagonistes d’un roman est toujours bienvenu. Enfin, leur sens moral, qui dénote avec la société dans laquelle ils évoluent, est explicité de manière crédible.

Les événements s’imbriquent les uns après les autres comme le dédale des pièces du manoir, mais le lecteur s’y retrouve toujours. Les décors sont terriblement envoûtants, ce qui rend l’ensemble encore plus efficace. À la fin de la lecture, j’ai eu l’impression de sortir du rêve érotique de quelqu’un d’autre mais dans lequel une place de spectatrice m’avait été réservée.

La sensualité du roman est exploitée avec brio et va crescendo en prenant juste le temps qu’il faut pour exploiter les mises en scène variées. Même si les scènes sont chaudes, le joli style d’écriture de l’auteure parvient à insuffler de la tendresse dans la crudité.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce roman n’est pas racoleur ou voyeur dans une optique de vulgarité. Je me suis plutôt sentie invitée à entrer, à observer, à découvrir et à ouvrir mon esprit. Émael, telle une Alice entrée dans un Pays des Merveilles très spécial, ne s’ennuie pas une seule seconde… et nous non plus ! Il se passe toujours quelque chose. Et même si certaines scènes sont forcément prévisibles, l’auteure a su faire preuve d’une créativité qui surprend à chaque fois.

Il n’y est pas seulement question de libertinage, il y est aussi question de tendresse, de tolérance et d’empathie. Les relations entre les personnages vont bien au-delà du sexe, et derrière tout cela se cache une – des – véritable(s) histoire(s) d’amour sous toutes ses formes, aussi bien charnelle que sentimentale.

Le roman dispose également d’un aspect psychologique bien amené à différents moments cruciaux de l’histoire.

En bref, je ne peux que vous recommander ce roman si le genre vous intéresse ou vous interpelle. C’est un rubis dans un écrin de satin. Cette histoire est d’une belle sensualité, dépourvue de vice et de jugements. Je ne peux que saluer l’auteure pour son inventivité. Une jolie réussite !

Nul doute que d’autres titres d’une semblable qualité viendront enrichir la nouvelle collection des éditions Cyplog.

Séoul zone interdite, de Myeong-seop Jung

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Un grand merci à Babelio pour cette nouvelle découverte grâce à l’opération Masse Critique et aux éditions Decrescenzo (deuxième Masse Critique pour moi) pour nous avoir apporté un roman de genre qui sort des sentiers battus.

J’ai dévoré ce roman comme un zombie affamé et je ne vois rien à lui reprocher.

Je pense que les traducteurs ont fait un excellent travail, au sens où à aucun moment je n’ai buté sur une phrase qui aurait été mal tournée en français. Ma lecture a été d’une grande fluidité et très agréable.

La couverture donner le ton. Le résumé rappelle des œuvres bien connues comme Evil Dead ou Resident Evil.

Dès le prologue, le contexte est posé. Le point de départ du roman est un fait bien réel du contexte politique nord-coréen : 19 décembre 2011, Kim Jong-il est décédé deux jours plus tôt.

La foi religieuse est aussi l’un des thèmes du roman.

À l’horreur d’une attaque nucléaire vient s’ajouter l’horreur de voir les morts se relever. Séoul est devenue les Enfers, un territoire réservé aux morts, une zone dont l’unique point d’accès est gardé par un cerbère dans le métro délabré. Y pénétrer, c’est prendre le risque de ne jamais en ressortir. Ceux qui s’y aventurent ne sont pas des Orphée, ce sont des opportunistes venus récupérer des objets contre de l’argent et non des personnes. Car apparemment personne n’aurait pu survivre dans la zone interdite. Apparemment…

Le prologue est écrit comme un récit de fait historique, une leçon d’histoire anticipée qui fait froid dans le dos. Cette technique narrative est une très bonne idée car elle donne d’emblée un ton réaliste au récit pourtant fictif.

Le style d’écriture est jeune et dynamique, avec beaucoup de dialogues.

Les descriptions vont à l’essentiel. Celles décrivant le terrible jour de l’attaque nucléaire sont particulièrement saisissantes. On découvre une Séoul apocalyptique et cauchemardesque. Une partie de l’intrigue se déroule d’ailleurs dans un quartier où j’ai logé mais aussi dans certains lieux que j’ai visités, ce qui fait que je n’ai eu vraiment aucun mal à me les représenter.

L’histoire est bien bâtie, sans temps mort. L’action est trépidante. Le récit est construit autour des rencontres des personnages et des dialogues qui s’ensuivent, et des incursions dans la zone interdite. Les témoignages de « l’Affaire du 4 avril » apportés par les survivants qui l’ont vécue en direct sont poignants.

Les scènes se déroulant à l’intérieur de la zone interdite sont hyper tendues et stressantes. Les scènes de combat, haletantes, sont décrites avec dynamisme et sont visuelles.

Les personnages sont attachés à leur vie d’avant dont ils gardent un souvenir précis. Ce désespoir qui les pousse à recherche les preuves de leur passé heureux, pour mieux « oublier la réalité atroce », les rend terriblement beaux et pathétiques.

Hyunjun, le protagoniste, est un jeune homme paumé qui se donne des airs de je-m’en-foutiste. Son passé nous apprend pourquoi il donne l’impression d’être blasé par la situation. Le personnage dispose aussi d’un tas de répliques qui font mouche. Il dirige avec plus ou moins d’efficacité une troupe de « chasseurs de trésors » aguerris. « Chasseur de trésors », voilà un nom bien romantique pour des mercenaires devant lutter contre des zombies.

En bref, en lisant ce roman, on comprend à quel point le contexte actuel est fragile et la paix difficile à préserver. On comprend également que l’Histoire se construit à partir d’histoires. Ce n’est pas qu’un récit gore, c’est aussi une histoire touchante. Et elle comporte son lot de rebondissements. Cette lecture est indispensable pour qui aime les récits d’anticipation, la littérature horrifique, les apocalypses de zombies et la Corée du Sud.

Harry Potter (1) : Harry Potter à l’école des sorciers, de J. K. Rowling

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[NB : mise à jour d’une chronique de 2015]

J’ai été enchantée par la découverte de cette incontournable saga de la littérature fantastique à destination de la jeunesse. Seize ans après sa parution (j’ai trouvé l’excuse de l’exposition parisienne consacrée aux films pour enfin m’y plonger…), je la découvre avec des yeux d’adulte et y trouve plus de profondeur que je ne l’espérais. Je comprends à présent pourquoi l’œuvre de J. K. Rowling plaît à tout âge !

L’écriture est simple mais généreuse et enlevée. Grâce à cela, j’ai ressenti au fil de ma lecture quelque chose que je n’avais pas éprouvé depuis longtemps : de l’émerveillement face à la richesse d’un univers et de l’attachement pour des personnages. Dans le premier chapitre, le traitement révoltant infligé à Harry par les Dursley, raconté à la manière d’un conte, dote d’emblée notre petit héros d’un énorme potentiel sympathie. Mais surtout, quand on lit cette saga, on se sent incroyablement bien !

J’ai aussi eu plaisir à retrouver cet humour et ces petites mises en scène absurdes si typiquement anglais qui caractérisaient si délicieusement déjà les œuvres de Lewis Carroll.

L’histoire, enchanteresse, possède aussi un côté sombre qui n’est pas pour me déplaire – même si certains actes censés faire rire m’ont paru bien cruels… Que j’aie ressenti de l’émerveillement ou de la crainte, je suis allée de surprise en surprise dans le monde des sorciers. L’auteure nous emmène de créature effrayante en personnage énigmatique, de lieu sordide en quête épique, de petits faits surprenants en fausses pistes, jusqu’à la révélation inattendue de l’identité de l’espion de Voldemort !

long week-end, de Joyce Maynard

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Ce huis-clos qui n’a rien d’oppressant est un petit coup de cœur, une petite pépite qui m’a permis de découvrir une auteure que j’aurais désormais plaisir à suivre. Joyce Maynard nous offre une superbe leçon sur la famille et l’amour, servie par une écriture subtile qui confère aux personnages une certaine élégance. Ce qui passe au départ pour une prise d’otages chargée de sentiments malsains se révèle être une belle histoire d’amour avec un grand A.

La seule caractéristique de ce roman à laquelle je n’ai pas accrochée, c’est les dialogues. Comme un s’agit d’un récit rapporté, les dialogues sont également au discours rapporté, et donc écrits sans les tirets traditionnels. C’est assez perturbant de commencer à lire une phrase comme on lirait du récit pour ensuite se rendre compte que c’est un dialogue. Mis à part ce défaut qui n’en est pas vraiment un, le style d’écriture se fond parfaitement dans les personnages.

Ce roman a beau être un drame, il ne s’en dégage pas moins un sentiment de bien-être. En le lisant, je me sentais apaisée. C’est grâce à la plume de Joyce Maynard. Son style d’écriture est empreint d’une tendresse et d’une délicatesse qui rejaillissent sur ses personnages. À mesure que je lisais, je me disais que ces protagonistes avaient le droit au bonheur malgré leurs erreurs. Ce sont des personnages cabossés par la vie et à qui on ne souhaite que le meilleur. Pour cela, j’ai adoré la fin, qui offre une conclusion satisfaisante à cette histoire qui conjugue à merveille douceur et amertume. Un voile pudique se pose sur cette fin, alors que la sexualité était clairement abordée tout au long du roman.

Celui-ci allie plusieurs genres. À la fois drame romantique, suspense éthéré et récit initiatique. L’auteure réussit le tour de force de prendre le contre-pied du mélodrame tout en acceptant ses codes pour nous offrir une belle histoire d’amours et d’apprentissages. Chaque personnage porte un fardeau et l’on assiste ici à leur cheminement vers le pardon plus que vers la rédemption. Au final, c’est l’amour qui parvient à combler les fêlures.

Le passé de chaque personnage apporte une réelle profondeur au récit. Difficile de ne pas être touché par leurs histoires personnelles et de ne pas les aimer après les avoir apprises. Il est étonnant que le plus de douceur vienne de Frank, ce prisonnier évadé ; mais pas tant que cela en fait une fois parvenu à l’excellente scène de la tarte aux pêches. Tous ces personnages suscitent une grande compassion chez le lecteur.

Henry nous raconte l’histoire derrière le fait divers. Le fait divers, on le découvre à travers les articles de journaux, la voix des journalistes télévisés et les interviews des témoins qui n’ont rien vu. Car au fond, ce sont toujours ceux qui en savent le moins qui en parlent le plus, non ? L’histoire, la vraie, c’est Henry qui nous la raconte après dix-huit ans de silence. Et on l’en remercie.

Après avoir lu le roman, j’ai découvert qu’il existait une adaptation cinématographique. J’ai eu les larmes aux yeux en regardant la bande annonce et plusieurs extraits… J’adorerais regarder ce film et prendre une nouvelle leçon d’émotions et de bonheurs.

Les rescapés du cœur, de Nicholas SPARKS

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Je ne suis pas friande de romances, loin de là, mais celle-ci est un petit joyau joliment ciselé. Je ne connaissais pas cet auteur, mais là, je suis conquise sans tergiverser !

Je vais utiliser pas mal de guillemets dans cette chronique car beaucoup de mots que j’ai employés ne rendent pas justice à la beauté de cette histoire, et mon vocabulaire limité ne lui rend pas hommage.

Cette romance se déroule de manière prévisible, et pourtant elle dispose de gros atouts originaux.

La rencontre du futur couple, sur fond d’accident de la route et de disparition d’enfant, vient s’ajouter au passé et au second « travail » de Taylor (pompier volontaire) et à ceux de Denise (éduquer son fils « en retard ») pour bâtir une intrigue qui se laisse dévorer sans peine. À ceux-là vient s’ajouter le « handicap » de Kyle, le fils de Denise, qui tire le contexte de l’histoire vers un réalisme bienvenu.

Les personnages sont modernes et beaux, non au sens physique mais dans leurs personnalités. Le courage, l’altruisme, l’abnégation sont leurs principales qualités et valeurs. Chacun d’eux cache aussi des failles que l’auteur nous fait découvrir au moment juste pour mieux les combler petit à petit avec les bons sentiments.

Nicholas Sparks est parvenu à construire des personnages attachants et émouvants que l’on a plaisir à suivre dans cette « aventure » et auxquels on se surprend de souhaiter tout le bonheur du monde. En refermant le livre, je me suis dit que je les laissais derrière moi sans regret, aussi heureux qu’ils le méritent. Impossible de ne pas aimer TOUS les personnages de ce roman.

La plume de l’auteur est commune mais d’une grande sensibilité et tout en fluidité, très agréable à lire. Il parvient à s’effacer pour laisser toute la place à ses personnages et à leur histoire. Aucune fausse note n’est à relever.

Je vous mets au défi de ne pas pleurer pendant le dernier quart du livre. Ce roman n’est pas une bluette à l’eau de rose, c’est davantage un nuage d’émotions au cœur de l’hiver et elle saura vous réchauffer le cœur.

Shadow Magic (tome 1), de Joshua Khan

Pour la quatrième fois cette année, je tiens à remercier Babelio pour m’avoir permis de participer à sa Masse Critique. Quels titres ! Ma liste était plus longue que d’habitude, et dans celle-ci se cachait un futur petit coup de cœur. Merci aux éditions Seuil !

Ce premier tome de la saga est une petite perle noire et brillante. Sous sa superbe couverture douce comme de la peau de pêche, ce roman n’évite pas les clichés et le déjà-vu, mais il offre une belle originalité : de la fantasy jeunesse qui prend le contre-pied de nos habitudes de lecture. En effet, ici, les ténèbres ne représentent pas le Mal, les êtres de la Lumière ne sont pas tous purs et bienveillants, entre autres.

L’ambiance de ce roman médiévo-fantastico-fantasy en fait sa plus grande force. Des petites touches d’humour et de terreur, voire même lugubres par moments, viennent relever le tout. Pas de quoi faire peur aux enfants, je pense, ils frissonneront avec plaisir plutôt.

Le style d’écriture est simple et efficace, il apporte les informations essentielles pour bien suivre le récit et appréhender les décors et les personnages. L’auteur va droit au but tout en prenant le temps de poser son intrigue. Toutefois, l’intrigue recèle quelques révélations difficiles à prévoir et qui apportent beaucoup de suspense.

Intrigues politiques, secrets bien gardés, magies élémentaires, créatures infernales et personnages mystérieux bâtissent une dimension solide à cette histoire qui ne prend pas les enfants pour des idiots. S’ils en ont marre des contes de fées, nul doute que ce roman saura leur plaire et les surprendre.

L’action est teintée de suspense. Les événements plus calmes entre les faits importants permettent d’en apprendre plus sur la personnalité et le passé des personnages. Tout se dévoile tour à tour sans temps morts. Un mystère, un morceau de décor, un pan de personnalité… il y a toujours quelque chose à découvrir dans ce roman.

Le duo formé par Ronce et Lilith fonctionne à merveille. Quant aux personnages secondaires, comme Gabriel ou Kleef, oncle Pan ou Mary, ils possèdent chacun une personnalité bien distincte et des motivations propres qui ajoutent à la qualité du roman.

Je me suis beaucoup amusée à reconnaître dans les noms des références mythologiques ou étymologiques.

Même si beaucoup d’événements et de scènes sont prévisibles, l’auteur réussit à nous surprendre.

La résolution de l’intrigue est inattendue. Là où beaucoup de premiers tomes prennent trop de temps à démarrer, n’offrent pas de véritable intrigue et ne servent qu’à introduire les personnages, celui-ci se compose d’une véritable histoire et de personnages bien bâtis. On peut d’ailleurs se contenter de ce tome, qui a bien une fin, sans nécessairement lire les suivants.

Ce roman est comme une forêt noire : sombre, crémeux, délicieux, riche, frais, festif,… À offrir les yeux fermés aux jeunes amateurs de fantasy pendant Halloween !

Les Aventures d’Elsa, de Marie F.

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Voici ma pire expérience de lecture de l’année 2017 ! Un petit conte de Noël (?) reçu en service presse.

Rien n’est à sauver dans cette nouvelle.

Il y a un problème de concordance des temps dans le premier chapitre. Les points d’exclamation et les virgules pullulent. Quelques graves problèmes syntaxiques et grammaticaux demeurent. On y trouve également des maladresses lexicales et des erreurs typographiques flagrantes.

Le style d’écriture est inabouti et naïf. On n’y trouve pas le moindre petit morceau de description. Cette nouvelle est gamine et dénuée du charme enfantin mais travaillé du style d’écriture des contes.

Les événements s’enchaînent à la mords-moi le nœud et se résolvent en deux coups de cuillère à pot. L’histoire est bourrée d’incohérences car il manque les informations importantes qui auraient permis de cimenter le récit. En revanche, cette nouvelle regorge de phrases, de dialogues et d’indications inutiles.

Tout est trop facile, plombé par d’heureux hasards dépourvus de toute subtilité et par du faux suspense, sans aucun rythme trépidant. Tout cela rend l’histoire parfaitement inintéressante.

Ce récit est ennuyeux, bourré d’artifices pour faire coller entre eux tous ces événements sans intérêt. Tout, de l’histoire aux personnages, est insipide et soporifique. Une lecture sans intérêt qui n’a été qu’une perte de temps. J’espère que les autres titres de cette maison d’édition ne sont pas du même acabit !

Séoul, Playstation mélancolique, de Jean-Louis Poitevin

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Troisième Masse Critique pour moi, pour laquelle je tiens à remercier le site Babelio et la maison d’édition Atelier des Cahiers.

J’ai choisi ce livre car j’avais beaucoup aimé ma première incursion dans la littérature sud-coréenne en début d’année. Cette fois-ci, c’est en plus un auteur français que je découvre.

J’ai un gros coup de cœur pour la couverture agrémentée d’une jolie photo. Elle n’est pas glacée, elle me fait passer à du washi ou au papier à lettre artisanal. C’est le genre de petit détail qui fait toute la différence quand on hésite entre livre papier et livre numérique. C’est un vrai plaisir de toucher ce livre-là. De plus, son format, moins haut et plus large que les livres de poche, fait qu’on peut le tenir facilement ouvert sans avoir à forcer sur le dos pour voir les pages en entier.

Le titre est intrigant. Les trois mots me parlent. Séoul, capitale que j’ai eu le plaisir et la joie de découvrir l’année dernière. La Playstation, console de salon que tout le monde connaît. Je ne me serais jamais attendue à trouver ce nom dans le titre d’un roman ! Et la mélancolie, l’état dans lequel se retrouve tout lecteur à un moment ou à un autre (quand il a terminé un livre et se demande ce qu’il va en faire, quand il ne sait pas quoi lire, quand il pleut…)

Les phrases sont longues et la syntaxe complexe, ce qui rend souvent le texte difficile à comprendre.

Le style d’écriture est époustouflant, à la fois poétique et tonique. Les connexions entre des éléments de natures différentes dans une même phrase surprennent toujours. Les expressions tout spécialement créées par l’auteur sont magnifiquement poétiques, telles la langue « cette lécheuse d’oubli » ou l’ego « ce perroquet du silence ». Le style d’écriture, très travaillé, apporte à l’ensemble un goût puissant et hétérogène, mais harmonieux et solide. La composition est complexe et fleure bon les envolées psychédéliques de l’esprit. Un langage complexe, tissé comme le langage binaire d’un programme informatique, parfois aussi déluré qu’un clip.

Les comparaisons, tantôt étonnantes, tantôt éloquentes, mais toujours inspirées et variées, parlent avec poésie de thèmes aussi divers que l’environnement urbain, les paysages ou encore les sens. Originales, elles méritent d’être étudiées.

Le roman s’ouvre sur l’évocation de jeux bien connus (Rubik’s Cube, Lego ou Tetris) et les références au divertissement vidéoludique se retrouveront tout du long. Plus largement, il fourmille de références intertextuelles riches au jeu, à la dictature de l’image électronique, aux jeux de l’enfance et aux jeux des pros. Mais finalement, j’y ai trouvé beaucoup plus d’analogies avec le film qu’avec le jeu vidéo.

Le roman se poursuit par une marche dans la ville, dans les bâtiments, dans les souvenirs aussi, sur fond de récupération d’estampes volées.

Beaucoup de phrases sont très vraies et parleront sans mal au voyageur solitaire, à l’explorateur de villes, aux cœurs et aux esprits ouverts, à l’expatrié.

Le personnage principal est écorché mais fort. Son passé et sa personnalité conditionnent sa vision présente et transparaissent dans sa manière d’appréhender les rencontres, de déambuler dans la ville et dans la vie, d’aborder les événements et les gens.

Séoul est un personnage à part entière dans ce roman. Mégalopole bourdonnante, flashy et dangereuse qui se joue des personnages. La ville donne l’impression de les dévorer, omniprésente dans leur paysage, leurs mots et leurs pensées, leurs vies, leurs objectifs.

À souligner, le très beau passage dans la zone démilitarisée.

Je sens que je n’ai pas tout saisi des propos de l’auteur, mais l’œuvre n’en reste pas moins insolite et originale pour la vision de Séoul et le style littéraire.

Ce roman, c’est une description de Séoul et un style d’écriture kaléidoscopiques. Un auteur qui écrit comme il le sent. Une leçon de littérature qui ne se laisse pas dicter son style par les modes.

Arrêtez-moi, de Lisa Gardner

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Première incursion sous la plume de Lisa Gardner et dans l’univers de D.D. Warren. Un roman qui pourrait faire un bon épisode de « Esprits Criminels », car la construction et le genre d’intrigue en sont proches.

Je ressors mitigée de ma lecture. J’ai passé un bon moment grâce à l’originalité de l’intrigue (enquêter sur un meurtre qui n’a pas encore eu lieu) et les petites touches mystérieuses, mais elle me sort déjà de la tête alors que je ne l’ai finie qu’il y a deux semaines. Ce que j’en retiens, c’est surtout le sentiment de malaise qui prédomine dans les thèmes abordés et l’agencement du contexte, un peu trop invraisemblable à mon goût.

L’intrigue est solide, mais le suspense n’est pas insoutenable. L’histoire tire un peu en longueur à cause de ressorts scénaristiques répétitifs. De plus, le coupable est rapidement identifiable. Reste que le sujet est d’actualité et fait froid dans le dos.

Les personnages sont bien construits et variés. L’enquêtrice D.D. Warren doit jongler entre son travail, son fils et ses parents, et j’apprécie la modernité de cette femme capable de tenir tous les rôles. Heureusement, elle peut compter sur un mari parfait et une équipe de choc pour tenir le coup.

Charlene et Jesse sont attachants, et leurs familles d’une complexité effarante. Elles suscitent une sorte de fascination qui met mal à l’aise car ces familles ne se rendent pas compte des conditions décalées dans lesquelles elles vivent. On comprend en les cotoyant que les monstres de la société actuelle ne sont pas que les criminels, ils peuvent aussi être des mères en apparence biens sous tous rapports mais en réalité mentalement instables. On comprend également que la maltraitance peut revêtir des aspects qui ne laissent pas forcèment des traces physiques.

Le lien entre le coupable et Charlene se devine très vite, même si je n’avais pas senti tout de suite sous quelle identité il se cachait.

Un roman agréable et dont on tourne les pages facilement, malgré quelques longueurs arrivé aux deux tiers du volume. Un policier actuel qui traite de plusieurs aspects de la relation enfants-parents et plus largement enfants-adultes, et qui soulève des questions dérangeantes sur des sujets importants. Plus intéressant à lire pour ces thèmes-là que pour l’enquête en elle-même.